Tribune du journal Viroflay d'Avril-Mai 2019

Publié le par Benoît Florence

Tribune du journal Viroflay d'Avril-Mai 2019

La crise sociale qui perdure depuis novembre intervient dans un contexte de profondes transformations du monde : changement climatique provoquant catastrophes naturelles à répétition et migrations, pression financière et sociale des marchés, modification des grands équilibres stratégiques mondiaux, baisse de l’influence de la France dans le monde. Tout ceci exacerbe une inquiétude dans la vie quotidienne face à des problèmes concrets : pouvoir d’achat, coût de l’énergie, disparition d’emplois, précarisation du travail même pour les diplômés, éloignement et/ou numérisation des services, sentiment d’injustice fiscale et sociale …

Tant de changements simultanés suscitent l’angoisse et la tentation du repli sur soi et du protectionnisme. Mais c’est au contraire grâce à une coopération accrue avec les autres pays européens que la France pourra faire face aux grands défis de notre temps.

L’Europe doit remettre en cause la logique néo-libérale qui menace notre modèle social. Les enjeux de transition énergétique, de préservation de nos démocraties, de sécurité doivent être portés au niveau européen. Au lieu d’accroître la concurrence entre Etats européens, il faut des coopérations pour peser dans le monde. Il faut créer d’autres Airbus ou Ariane espace, des pôles d’expertise dans les nouvelles technologies, les nouvelles formes de commerce, l’agro-alimentaire, le numérique, les énergies renouvelables... Un SMIC européen et l’harmonisation fiscale entre Etats européens sont nécessaires pour éviter la course mortifère au moins disant. L’impôt sur les sociétés devrait être unifié. Un ISF européen assorti d’exonérations de certains investissements directs pourrait inciter les plus riches à investir sur des projets européens, stimulant l’innovation et l’émergence d’activités qui dynamiseraient les territoires en pleine mutation. L’Europe, s’appuyant sur la solidarité des pays qui la composent, serait ainsi mieux au service de ses peuples et assurerait mieux leur protection dans le nouvel équilibre mondial.

L’enjeu des élections du 26 mai est donc de faire mieux en Europe, sans oublier que l’acquis essentiel de l’Europe c’est d’abord la paix, comme nous le vivons dans nos rencontres avec Hassloch ou encore les échanges Erasmus, qu’il faudrait développer pour tous les jeunes.

Publié dans Tribunes

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article