Notre intervention lors du débat d'orientation budgétaire du conseil municipal du 24 janvier 2019

Publié le par Suzanne Egal

Notre intervention lors du débat d'orientation budgétaire du conseil municipal du 24 janvier 2019

Lors du débat d’orientation budgétaire 2018, nous avions demandé plus de démocratie au niveau municipal. L’actualité remet ce thème sur le devant de la scène.

Alors que nous abordons le dernier exercice de la mandature et qu’une certaine effervescence secoue notre pays, il nous a paru utile de revenir sur le fonctionnement de la démocratie locale. Lors de la soirée des vœux à la population lundi soir, ce thème de démocratie a d’ailleurs été très présent dans votre discours, Monsieur Le Maire.

Certains de nos concitoyens considèrent que leurs attentes ne sont pas entendues et prises en compte par les décideurs politiques et contestent la représentativité des élus. Certains d’entre eux se sont d’ailleurs progressivement détournés des urnes. Et si on s’interrogeait ensemble sur ce que cela veut dire sur le plan local et ce qui pourrait être amélioré pour que nos concitoyens se sentent mieux représentés ?

Si nous revenons sur les élections municipales de 2014, 39% des Viroflaysiens ont voté pour les listes d’opposition. Le  code électoral assure une majorité absolue à la liste arrivée en tête : 27 sièges pour la liste majoritaire ce qui lui permet de dérouler son programme sans obstacle et 3 représentants pour chacune des 2 autres listes. Beaucoup de citoyens  connaissent assez mal ces règles et attendent que les élus minoritaires pèsent vraiment sur les décisions, or notre seul pouvoir est de tenter de convaincre.

Vous soulignez, avec fierté, le fort taux de participation des Viroflaysiens à la plupart des scrutins. Il vous arrive aussi d’évoquer la contrainte et le coût générés par l’organisation de ces élections. Alors si toutes les délibérations qui seront proposées au cours de la mandature sont approuvées d’avance sans amendement, pourquoi ne ferions-nous pas l’économie des élections municipales?

A y regarder de plus près quel rôle les élus que nous sommes peuvent-ils vraiment jouer au sein de la municipalité ? En premier lieu, tous les 6 ans les Viroflaysiens sont consultés pour renouveler l’équipe  municipale. C’est une occasion pour que chacun des groupes exprime largement ses propositions.  D’autre part, au cours de la mandature, les groupes non majoritaires, par leur présence et le travail réalisé s’assurent que les décisions prises respectent les lois en vigueur. Nous avons dû intervenir dans plusieurs conseils pour que le règlement intérieur soit respecté afin que nous recevions les documents comme prévu pour préparer les conseils, pour exiger la publication régulière des procès-verbaux  des conseils, pour que la Commission accessibilité soit réellement mise en place, pour que des explications suffisantes nous soient fournies lors des commissions… Nous avons bien sûr toute liberté de nous exprimer lors des conseils ou des commissions auxquels nous participons, mais les délibérations soumises au Conseil seront toujours adoptées. Alors est-ce suffisant pour satisfaire les citoyens qui ont voté pour nous ? 

Etre élu nécessite de s’impliquer et d’être force de proposition. Nous cherchons à être constructifs. Notre groupe s’efforce d’être représenté chaque fois que nous sommes invités à participer comme récemment pour la charte architecturale ou le cabinet médical.

Le projet Viroflay 2025 concerne des équipements qui engagent durablement la ville. Les grandes lignes ont été présentées aux Viroflaysiens dans le dernier Magazine et lors de la cérémonie des vœux. Lors de la présentation qui avait été faite aux élus en séance plénière, nous avions exprimé à chaud les questions qui nous venaient. Depuis, la programmation s’engage progressivement sans que nous soyons sollicités pour la conception des projets engagés. Le centre de loisirs de Dieuleveult sera transféré à Corot, nous souhaiterions pouvoir questionner ensemble le projet éducatif et étudier les aménagements intérieurs et extérieurs que pourrait offrir ce nouvel espace. Le transfert d’Arc Ados pourrait être une belle occasion de consultation sur les attentes culturelles, sportives et artistiques et d’espaces de créativité pour les jeunes de Viroflay quel que soit leur milieu social. Nous pourrions nous impliquer également dans l’évolution de La Forge dédiée aux séniors, sur l’évolution du gymnase des Prés aux bois…

En tant qu’élus, au service de la collectivité, notre rôle consiste à rechercher la meilleure convergence possible entre les attentes individuelles et les besoins collectifs. En travaillant en amont des projets à partir des études et des diagnostics, nous pourrions davantage être force de proposition.

En résumé l’énergie des élus qui sont engagés bénévolement  pour faire vivre la ville pourrait être mieux utilisée. La démocratie locale (comme nationale) fonctionne bien quand elle permet le débat. Le débat peut s’instaurer de façon constructive dès l’instant que les parties prenantes disposent des informations pertinentes suffisantes pour faire des propositions.

Etre élu c’est aussi soutenir nos institutions. Dans un Etat de droit, l’Etat ne peut être présenté comme un génie malfaisant qui prendrait des décisions inconsidérées dans le seul but de se défausser sur les municipalités. L’Etat, dans un pays démocratique, est représenté par des personnes régulièrement élues. Ses lois peuvent plus ou moins nous convenir en fonction de nos sensibilités mais elles s’imposent à nous. Leur prise en compte par la ville est incontournable.  La municipalité réalise des économies et nous pouvons nous en féliciter, nos divergences portent, et c’est normal, sur le choix des postes sur lesquels elle fait porter ces efforts.

Les observations que nous avions faites l’année dernière ont été pour partie prises en compte et nous vous en remercions. Nous apprécions le changement d’approche dans les supports transmis cette année, avec, d’une part, une présentation factuelle des éléments de contexte et de ses incertitudes et d’autre part  un exposé documenté des orientations budgétaires de la municipalité. Même si on regrette l’absence de données sur l’évolution de la population,  que le détail des dépenses soit donné seulement en séance et que le PPI se limite à 2022.

Par ailleurs, puisque les grandes lignes du projet Viroflay 2025 ont été présentées dans le dernier Magazine et lors de la cérémonie des vœux, nous pouvons désormais ouvertement évoquer ces projets avec les Viroflaysiens.

Ce soir, nous pourrons utilement concentrer notre débat  sur le fond: nos dépenses locales, nos projets d’investissement, nos finances. Nous allons maintenant évoquer  les points qui nous tiennent à cœur.

Vous vous engagez à maintenir des tarifs raisonnables et proportionnels aux revenus. Cette approche tarifaire devrait être étendue aux ateliers d’art, aux stages et activités de loisirs, qui restent inaccessibles aux familles modestes.    

Construire des logements pour tous est un objectif qui devrait naturellement être porté par toute municipalité où les logements à un prix accessible font défaut, ce qui est tout particulièrement le cas en Ile de France. Force est de constater que sans ce que vous appelez dans votre présentation les ‘injonctions législatives’, c’est-à-dire les lois, notre ville n’aurait pas pris sa part dans la résolution de ce problème. Nous regrettons fortement que lors de la cérémonie des vœux, vous ayez présenté la planche 26 (difficilement compréhensible dans une telle assemblée) et qui plus est sans l’encart rouge qui figure dans ce rapport, laissant à penser que nous payions des pénalités alors même qu’elles sont compensées par les sommes versées aux bailleurs sociaux pour construire.

Concernant la piscine, nous ne pouvons que souhaiter que le projet aboutisse. Cependant, selon la date à laquelle elle ouvrira réellement (2021 ?, 2022 ?), toute une classe d’âge (environ 160 élèves) risque de n’avoir pas pu apprendre à nager au cours de sa scolarité primaire. Il  faudrait anticiper et prévoir un accord spécifique avec les communes voisines pour accueillir cette classe d’âge.  

Etude pour la requalification du village, mise en place d’une nouvelle signalétique urbaine : auparavant, il est nécessaire de repenser le plan de circulation et la sécurisation des déplacements voitures, piétons, vélos, personnes à mobilité réduite sur tout ce quartier rive gauche dans lequel se trouvent de nombreux équipements ou services : mairie, conservatoire, stade, piscine, tennis, gare, Ehpad. Les deux projets proposés devraient intervenir après que ce plan soit défini (pas nécessairement mis en œuvre).

Sur la transition écologique, la commune doit notamment agir vigoureusement pour les économies d’énergie. L’effort sur  les biens communaux est à poursuivre. Lors des réalisations ou des rénovations, le niveau de performance énergétique et la qualité écologique de la solution proposée doivent être pris en compte dans la cotation des offres.

La commune doit également s’engager au-delà et aider les particuliers à se lancer par des campagnes de sensibilisation au problème et d’informations sur les solutions, y compris sur le plan financier. En créant une permanence conseil-énergie sur la commune. En apportant des aides financières aux diagnostics (Diagnostic de performance énergétique ou audit énergétique) et aux travaux, pour des montants significatifs (25% ?), sous condition de ressources.

Poursuivre le développement du parc électrique ou hybride de la commune et faciliter le développement du parc des particuliers en installant des bornes de recharge est une bonne chose, cette évolution bénéficie à la qualité de l’air mais n’est pas la panacée en termes d’écologie au global.

Côté finances, vous voulez maintenir un endettement limité. Maîtriser notre endettement est une nécessité, le limiter excessivement, c’est retarder les investissements nécessaires. Les budgets construits par comparaison aux budgets antérieurs et non aux montants réalisés reproduisent et amplifient les erreurs de prévision : d’année en année, notre autofinancement ne cesse d’augmenter. Il atteint cette année un record et est 2,2 x supérieur à la prévision. Le slide 7 donne les règles à respecter concernant l’endettement des communes. Notre capacité d’autofinancement doit  permettre notre désendettement dans un délai maximum de  12 ans. A ce jour notre endettement pourrait être remboursé en moins de 1,5 an ! Nous sommes très loin de la zone de risque.

Ces chiffres indiquent deux choses :
- Les restrictions telles que la suppression du financement des classes de découverte ne sont pas justifiées, nous avons les moyens d’encourager ces excellentes occasions de ‘vivre ensemble’.
- Nous avons pris beaucoup de retard dans les investissements de la ville. Ce retard n’est pas lié à nos finances mais davantage à la complexité des projets à mener et à notre capacité à engager plusieurs grands projets de front.

Comme vos orientations budgétaires ne reflètent pas nos priorités nous voterons contre cette délibération.

 

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