LE COMPTE ADMINISTRATIF 2015

Publié le par Julien Bouffartigue

SOLIDAIRES A VIROFLAY s'est toujours attaché à participer d'une manière constructive aux débats au sein du Conseil Municipal. Un débat constructif consiste à discuter, commenter, amender, critiquer, proposer sur la base d'éléments qui nous sont fournis par la force des choses par la majorité municipale et les services de la ville. Nous n'avons pas pour habitude de remettre en cause la véracité de ces derniers, confiants dans la valeur de la parole d'élus de la République.

Ainsi, lorsque l'adjoint aux finances déclarait lors du débat budgétaire de 2015 : « notre volonté est qu'à partir de maintenant Compte Administratif et Budget Prévisionnel soient les plus proches possible. Cela signifie que les écarts qui feraient que certains pourraient lire ces courbes de façon erronée n'ont plus cours à partir de maintenant ou du moins c'est notre volonté », nous considérons qu'il s'agit d'un engagement sincère.
Lorsque Monsieur le Maire annonçait fin janvier dernier à l'occasion d'une réunion publique que l'auto-financement au Compte Administratif pour 2015 serait d'environ 3 millions d'euros, nous lui faisons confiance puisqu'à cette date la plupart des éléments de l'exécution du budget précédent devaient être connus.
 
Lorsque la majorité affirme dans une tribune publiée dans le journal de la ville que les recettes de la ville vont baisser de 10% sur trois ans, nous aimerions considérer qu'il s'agit là d'un élément objectif du débat.
 
Cependant, lorsque l'on regarde les chiffres du Compte Administratif, on mesure l'écart abyssal entre les discours de la majorité et la réalité.
 
Concernant les écarts entre l'auto-financement prévisionnel figurant au budget et l'auto-financement réel apparaissant au Compte Administratif, ils étaient ces dernières années proches de 2 millions d'euros. La différence était montée à 2,3 millions en 2014 et nous avions alors alerté la majorité. Ceci avait abouti à l'engagement, cité plus haut, de diminuer cet écart à l'avenir. Or, en 2015, il a bondi de 2,3 million à 3,4 million d'euros. Ce n'est pas une simple augmentation, mais une explosion jusqu'à une hauteur totalement inacceptable.
 
Concernant la valeur de cet auto-financement, il a augmenté de 440 000 euros entre 2014 et 2015. Rarement nous avons connu une augmentation aussi forte sur une année. Le problème c'est que cet auto-financement réel le plus élevé de l'histoire est issu d'un budget où l'auto-financement prévisionnel était le plus faible depuis plus de dix ans. Il n'y a donc pas simplement des écarts, ni même simplement des écarts qui augmentent. Budget après budget, la majorité fait croire à une évolution des moyens dont dispose la ville diamétralement opposée à la réalité. Cela fausse totalement le débat démocratique. Cela aboutit aussi à un excédent budgétaire quasi-record et une situation où la ville possède près de 5,6 millions d'euros de disponibilités en trésorerie. Or une collectivité n'a pas vocation à thésauriser ainsi l'argent des contribuables.
 
Concernant, le montant des recettes, on peut constater que sur les trois derniers exercices budgétaires, la Dotation Globale de Fonctionnement (DGF) a baissé de plus de 700 000 euros, mais que nos recettes globales sont restées constantes. En effet, si certaines recettes baissent, d'autre demeurent dynamiques, le sont depuis longtemps et continueront de l'être. Il est certain que nos recettes ne baisseront pas de 10% sur trois ans et affirmer ça est un mensonge.
 
Tous ces éléments concourent à quelque chose qui n'est pas du ressort du simple désaccord sur la politique à mener, mais de quelque chose de beaucoup plus inquiétant. En effet, il pose le problème de la sincérité des débats qui sont menés au sein du Conseil Municipal. L'exactitude des éléments qui sont fournis pour le nourrir constitue une condition indispensable à un débat de qualité.
 
En tant que groupe minoritaire, SOLIDAIRES A VIROFLAY est évidemment largement dépendant des informations qui lui sont fournies par la majorité. Si ces dernières sont erronées, alors notre propre discours risquera de l'être également. Il est évident que nous n'aurions pas livré la même analyse du projet de budget pour 2016 si nous avions eu connaissance de beaucoup d'éléments révélés par le Compte Administratif 2015.
 
Or à SOLIDAIRES A VIROFLAY, nous considérons que notre parole est précieuse parce que nous ne parlons pas qu'en notre nom propre, pas qu'au nom des autres membre de notre liste, mais au nom des citoyens qui nous ont fait confiance en nous apportant leur suffrage.
 
Or, on ne peut que constater une dérive qui dépasse largement les simples débats budgétaires. Oubli d'invitation à des réunions de présentation de projets sur lesquels on nous demande pourtant de nous prononcer (rénovation de la Place de Verdun), délibération amenée au vote en Conseil Municipal sans que les détails des projets ne soient connus (couverture de deux cours de tennis). On ne peut évidemment pas engager notre responsabilité d'élu dans ces conditions. Ce n'est pas une question de défiance vis-à-vis de la majorité, mais de respect vis-à-vis de la confiance que nous ont accordé nos électeurs en nous confiant un mandat.
 
On peut évidemment nous répondre qu'il est facile pour un élu minoritaire de critiquer et beaucoup plus difficile de faire. Certes, la période est sans doute plus imprévisible qu'il y a quelques années, mais cela justifie-t-il d'être passé de 682 000 euros d'écart entre l'auto-financement prévu au Budget et l'auto-financement réel à plus de 3,4 millions d'écart ?
 
Evidemment, quand on est amené à faire des prévisions, ce qui est le cas quand on bâtit un budget, on peut se tromper. On peut s'efforcer d'atteindre un objectif et échouer. Mais dans ce cas là, il est important de faire deux choses.
 
Déjà, il faut l'admettre. Quand une année, on affirme en séance du Conseil Municipal que l'on va chercher à rapprocher le Budget Prévisionnel du Compte Administratif et que c'est l'inverse qui se passe, on le dit clairement et on l'assume.
 
Ensuite, si les prévisions se révèlent erronées, comme ce fut le cas à Viroflay, on révise les choix que l'on a fait sur ces bases. Au vu des données du Compte Administratif et des ordres de grandeurs des évolutions mentionnées plus haut, on est en droit de se demander si cela a bien un sens de raboter nos dotations à nos associations de 1500 euros ? Si cela a bien un sens de supprimer le financement des classes d'environnement et des postes d'ATSEM ?
 
Heureusement, en ce qui concerne les postes d'ATSEM, la position de la majorité municipale semble avoir évolué, renonçant à ce projet totalement absurde dans une ville qui dégage un auto-financement plus élevé que jamais, qui a augmenté ce dernier entre 2014 et 2015 à une vitesse quasi-record et qui dispose de disponibilités de trésorerie colossales vouées à encore augmenter cette année.
 
Cela apparaissait d'autant plus absurde que ces décisions ont été prises ou ont été envisagées au nom du maintien de notre capacité à investir. Or investir dans l'éducation de nos enfants est l'investissement le plus fondamental !
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article